Homéopathie: les rapports psyché et soma.

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Homéopathie: les rapports psyché/soma. Article de Philippe Marchat.

rapports entre psyché et soma

homéopathie : rapports entre psyché et soma

L’homéopathie est riche de contributions possibles à la connaissance biologique et humaine.
Cette dimension est, cependant, totalement négligée, empêtrés que nous sommes dans des débats homéopathico-homéopathiques, et peu curieux de nous confronter aux autres disciplines médicales et biologiques.
Et pourtant, l’homéopathie, bien comprise, permet de dépasser la conception traditionnelle des rapports soma/psyché et, notamment, son aspect exagérément dualiste. Du fait de sa dimension phénoménologique, l’homéopathie, j’y ai insisté de nombreuses fois, ne distingue pas radicalement signes physiques et psychiques. Même si nous parlons, par commodité de langage, de signes mentaux et de signes physiques, en réalité, du fait du jeu des causalités, sensations, concomitants et modalités, aucun signe ou symptôme, en homéopathie, n’est purement physique ou purement psychique. Une toux aggravée en compagnie, une douleur améliorée par la consolation ou aggravée en y pensant n’est pas un signe physique. De même, une angoisse ressentie au creux de l’estomac, améliorée au mouvement, soulagée en mangeant, accompagnée de tremblements, d’une frilosité ou de bouffées de chaleur n’est-pas « purement » psychique. La sémiologie homéopathique tisse, ainsi, soma et psyché. Il y a donc à s’interroger sur les enjeux scientifiques, en termes de connaissance, au plan épistémologique, également, sur ce tissage homéopathique du physique et du psychique.
L’homéopathie pourrait, ainsi, modifier la conception traditionnelle des rapports psyché/soma et contribuer à une meilleure connaissance de l’être humain. Elle pourrait, aussi, cessant de se situer en marge de la connaissance, venir au cœur du débat pour en redéfinir les contours.
Les débats sur les relations psyché/soma sont, en effet et on n’en a pas suffisamment conscience, éternellement menés comme s’il s’agissait de deux entités indépendantes et, pour tout dire, hétérogène. Dès lors, leurs liens apparaissent, inévitablement, mystérieux et problématiques. Les tentatives d’éclairage psychosomatique ont donc, bien logiquement, montré leurs limites et n’ont jamais réussi à modifier, profondément, la vision que nous avons de la question. Je crois que la raison essentielle de cette impuissance à éclairer la question des liens psyché/soma, tient au fait qu’elle est abordée, très naïvement, sans regard critique, en prenant pour « argent comptant » les notions de soma et psyché.
Le tissage vital de l’être humain ou le couplage fonctionnel structurant des pôles psychique et physique.
On raisonne, ainsi, à partir de deux entités, soma et psyché, qu’on accepte sans aucun esprit critique, et on réfléchit à leur relation. Ce faisant, on cherche à réaliser la quadrature du cercle, à unifier, à rendre intimes, deux entités résolument hétérogènes. Jamais, on n’interroge la validité de la conception dans laquelle s’inscrit le questionnement. Jamais on se pose cette simple question : « le découpage psyché/soma, à partir duquel nous réfléchissons, est-il valide, renvoie-t-il à « la » réalité ou à de simples préjugés ? ».
Jamais, on ne se demande authentiquement : d’où surgit la psyché ? Est-elle présente chez le fœtus, le nouveau-né ? A quoi correspond-elle ? Quel est son contenu, son identité ? Sous quelles influences se développe-t-elle ? Est-elle déjà présente chez le tout petit ? Du côté des parents, de la mère ? D’où la nécessité de reprendre cette question en se fondant sur l’observation des choses, depuis l’origine.
De la même façon, et l’on y réfléchit encore moins si c’est possible, il s’agit, également, de se demander ce qu’est le corps. A quoi il ressemble et, notamment, quand il commence. Car il y a beaucoup de naïveté à faire l’impasse sur les premières semaines de développement intra-utérin puis après la naissance et à ne raisonner que sur une dimension corporelle « adulte »déjà constituée. Que penser du statut de la première cellule humaine ? Des premiers agglomérats cellulaires qui précèdent le développement du fœtus ? S’agit-il, déjà, du corps tel que nous l’entendons généralement ? Si non, quels liens le développement de l’enfant puis de l’adulte constitué entretient-il avec ses premiers stades « non corporels » ?
Enfin, en se basant sur le développement biologique humain, depuis l’origine, quelles relations peut-on entrevoir, du point de vue généalogique, entre dimension « corporelle » et dimension « psychique » ?
Car, si les premiers agrégats cellulaires peuvent difficilement être qualifiés de « corps », la psyché, elle non plus, n’a guère de consistance dans les premières semaines, les premiers mois de vie, avant un développement suffisant du système nerveux. En un mot, qu’il y ait du corps, à quelques semaines de vie, sans doute, mais un corps, certainement pas. De même, qu’il en aille, à certains égards, d’une dimension psychique, pourquoi pas, mais de psyché constituée, nulle trace dans les premiers temps.
Que tout commence par une unique cellule.
Reprenons donc les choses depuis le début. Tout être humain commence à partir d’une unique cellule, elle même issue de deux gamètes parentaux. Dès ici, se pose la question : quel point de départ retenir ? Dès ici, nous saisissons l’importance des choix et points de vue retenus Une ou deux cellules ? Une et deux, bien sur, une à partir de deux, de deux faisant une.
Cette première cellule indifférenciée va se diviser en plusieurs cellules prenant des caractéristiques différentes puis, plus tardivement, 3 tissus qui, eux-mêmes vont se différencier, en cellules nerveuses, cutanées, cardiaques, osseuses, pulmonaires, rénales, etc. Les différents organes, cœur, système nerveux, tissu osseux, etc. se mettent en place vers deux mois.
S’il y a bien, dans ce développement, une sorte de mécanisme à l’œuvre, une obéissance au programme génétique de l’espèce humaine, il convient de se rappeler que ce mécanisme est, également, dépendant des échanges avec l’environnement.
Le fœtus est immergé dans le liquide amniotique et perfusé par le sang maternel, porteur de toutes ses sécrétions hormonales et immunitaires. Emotions et vécu maternel viennent donc, par l’intermédiaire de ce bain maternel, imprégner et modifier le fonctionnement organique du fœtus.
Mais d’autres influences, non émotionnelles, ni psychiques, jouent un rôle. Alimentation, prise de toxiques, tabagisme, alcool, psychotropes, influences climatiques, effets délétères d’une activité physique exagérée, problème mécaniques (cordon autour du cou, infection maternelle, hémorragie, etc.).
Puis survient la naissance. Si celle-ci signe la fin de la période de l’unité fœto-maternelle psychique et biologique, le nouveau-né ne sera, pendant des années, que très partiellement indépendant et autonome puisque l’être humain, quand il naît, n’est, comme tous les mammifères, pas fini, non abouti, non mature.
Le rôle du milieu dans le développement de l’être humain durant ses quinze-vingt premières années va, ainsi, être considérable. De celui-ci dépend sa sécurité, son nourrissage et l’impulsion vivifiante de l’amour et des échanges qui lui sont apportés. Est ainsi programmé pour l’espèce humaine (comme d’ailleurs pour tous les mammifères en général, même si les choses sont plus complexes et interactives chez l’humain) le rôle et la plasticité liés aux interactions interhumaines.
Le développement humain obéit donc à une dialectique structuration corporelle/échanges avec l’environnement (y compris intersubjectif).
Qu’au départ, le bébé ne se différencie pas de son environnement.
Dans ses premières semaines de développement, le nouveau-né vit dans une bulle sensorielle et ne se différencie pas vraiment de sa mère. Il se développe dans une intimité extrême et vitale avec celle-ci. Une fonction d’attachement, d’agrippement, est d’ailleurs présente dans toutes les espèces de mammifères terrestres, la survie du nouveau-né supposant le maintien permanent du contact avec la mère (pour ne pas dépérir, ne pas être dévoré par un prédateur, pour assurer le maintien de la température corporelle, etc.).
Les échanges affectifs sont donc essentiels pour le développement de l’enfant et la seule satisfaction physique, purement matérielle, des besoins biologiques de l’enfant, si elle est dissociée d’une nourriture affective, émotionnelle et sensorielle, aboutit à des perturbations majeures de celui-ci. On voit donc que du relationnel, du « psychique » est nécessaire au bon développement du physique. Et vice versa. Les émotions, les sensations dépendant, bien évidemment, de l’équipement perceptif dont la base de fonctionnement est physique. Des sondes sensorielles (tact, ouïe, olfaction, vision, goût, récepteurs de l’intérieur du corps) font partie de l’équipement de tout être humain, dès le début, et le renseignent sur son environnement et sur lui même. Il faut des oreilles pour entendre, des yeux pour voir, une peau pour toucher et être touché et un système nerveux fonctionnant correctement pour intégrer ces données.
Qu’un intérieur et un extérieur se différencient mutuellement
Au départ, intérieur et monde extérieur ne se distinguent guère. Le son de la voix maternelle pénètre le corps du nourrisson en même temps que le lait. La chaleur de ses bras le réchauffe, son bercement suscite des sensations cénesthésiques agréables et apaisantes. Ce n’est que peu à peu que le bébé commence à percevoir l’extérieur et lui même comme différents. Le rôle de la peau est, ici, majeur. Le bébé touche et est touché, ce qui étaye une première limite entre lui et le monde, permettant, notons-le, la formation couplée d’un extérieur et d’un intérieur. Le psychanalyste Didier Anzieu a, ainsi, parlé d’un étayage du psychisme sur la peau et de l’existence d’un pré-Moi corporel. Ceci est essentiel dans notre réflexion car l’on voit le rôle majeur d’une relation structuration couplée entre psychisme et corps comme entre corps et psychisme. C’est à dire que l’un se développe par interaction avec l’autre, que les deux s’étaient simultanément couplée.
Au-delà de la peau, c’est l’ensemble cellulaire qui est donc totalement ouvert sur la perception interne et externe. Les sensations cénesthésiques internes et externes, les perceptions visuelles, auditives, etc. se différencient peu à peu et un extérieur et un intérieur s’individualisent progressivement. Il convient d’insister sur la nature couplée de cette double individualisation. L’extérieur est indispensable à l’individualisation de l’intérieur et vice versa.
Le monde extérieur commence donc par se confondre avec les sensations d’un moi qui s’ignore lui-même. Puis, peu à peu, les deux termes se détachent l’un de l’autre pour s’organiser corrélativement. Un intérieur et un extérieur se créent peu à peu, sous l’influence l’un de l’autre, selon un mécanisme de couplage fonctionnel structurant.
L’intrication de la sensibilité et de la motricité.
Mais la sensibilité n’intervient pas seule. La motricité également est essentielle. Surtout, sensibilité et motricité sont, elles aussi, indissociables et couplées. L’enfant se perçoit lui même par ses mouvements internes et en bougeant dans le monde. Il se perçoit donc en déplaçant les objets et en se mouvant lui même. Il se sent également être bougé par les mains qui le manipulent. On retrouve, là, quelque chose de l’importance des modalités de mouvement et de position homéopathiques. Sensations, perceptions et émotions sont, ainsi, modifiées et colorées par l’action.
Le nouveau-né est ainsi, avant tout, caractérisé par son activité sensori-motrice. Il perçoit, se meut, meut son corps et, ceci, en fonction de ses perceptions et en vue de celles-ci. Il tourne la tête et le regard vers un bruit perçu, le fait, aussi, parce qu’il recherche, par exemple, la présence de sa mère. Les travaux de Jean Piaget, consignés notamment dans « La construction du réel chez l’enfant», sont particulièrement intéressants à prendre en compte. Il a, en effet, cherché à décrire comment le tout petit passe d’une activité sensori-motrice à un être capable de cognition. C’est-à-dire d’un être de perception et d’action, de mouvements, à un être capable de pensée et conscient de lui même. Ce qui rejoint le tissage psychophysique des signes et symptômes en homéopathie et montre comment la psyché émerge, peu à peu, du bouillonnement perceptif d’un corps dont elle se distingue et qu’elle vivifie en même temps.
Mais si la psyché émerge, peu à peu, dans une relation d’étayage avec l’activité sensori-motrice, il convient de bien voir que l’idée même d’activité sensori-motrice nous éloigne d’une activité qui serait purement corporelle, physique. Car, l’activité pour la satisfaction des besoins du corps passe aussi, nécessairement, par la satisfaction de besoins plus « psychiques »: rassurance, sentiment de sécurité, bercement par les bras, la voix, la douceur maternelle, etc.
Le couplage structurant ou tissage vital.
J’appelle tissage vital ce processus de structuration couplée. Tissage, notamment, de sa
dimension corporelle et de sa psyché. A partir de deux types de fils, de nature, de texture, de consistance, de couleur, etc. différentes, s’effectue, au gré des expériences, des occurrences de la vie, un tissage d’une structure prenant, peu à peu, consistance et présentant, bientôt, deux faces de forme, couleur, figures bien distinctes, mais totalement dépendantes l’une de l’autre, complètement intriquées l’une à l’autre. Chaque face se construit, ainsi, en même temps que l’autre et corrélativement à elle. Et, si, in fine, on se trouve bien en présence d’un tissu unique, indiscutablement bi-face, doté, donc, d’un corps et d’une psyché, il serait abusif de qualifier les fils constitutifs, à l’origine, de « corporels » et psychiques ». Corps et psyché ne pré-existent donc pas au développement de l’être humain et leurs relations ne doivent pas être envisagées comme concernant deux entités hétérogènes. Car le corps est corps vécu et la psyché est incarnée.
Que la cognition et la psyché sont incarnées.
Il est essentiel, en effet, de ne pas considérer la psyché comme « flottant » au dessus du corps ou comme préexistant au développement du vivant humain.
Durant les deux premières années, l’enfant ne cherche pas à comprendre. Il a peut être des représentations mais leur finalité n’est pas d’expliquer ce qui se passe. L’assimilation reste centrée sur l’activité organique. Manger, boire, recevoir un câlin, entendre la voix maternelle qui rassure, «appeler » pour qu’on le porte, le nettoie, le cajole, etc. Les besoins du petit enfant suscitent, pour être comblés, une activité sensori-motrice (il faut sentir la faim pour se manifester, entendre l’autre pour redoubler ses appels, tourner son visage vers lui et sourire pour le « séduire » et l’attirer). D’ailleurs, le problème de l’adéquation entre la « demande », l’attente, du bébé et la réponse maternante se pose. Chacun sait le désarroi qui peut animer un parent devant les cris d’un bébé dont il n’arrive pas à comprendre, sentir la raison et qu’il n’arrive donc pas, de ce fait, à faire cesser, à l’apaiser. Et imaginer celui d’un bébé nécessitant quelque chose et à qui l’on propose autre chose de largement inadéquat. D’où insatisfaction et incompréhension réciproques.
Les fonctions cognitives et le développement psychique du petit enfant s’étayent, encore une fois, de façon couplée, avec son activité sensori-motrice qui est essentielle dans ses échanges avec autrui et dont l’ancrage dans les sensations et besoins corporels est , lui aussi, essentiel. L’activité du bébé est, tout d’abord, dirigée et motivée par l’intention de sucer pour obtenir à manger, à boire, faire venir la mère, être changé, porté, réchauffé, etc. bref, largement, pour la survie et le bien être du corps. La perception d’un besoin entraine une action visant à modifier le réel pour le mettre en accord avec le besoin perçu. Il ya, ainsi, une sorte de causalité en acte. Et son efficace passe aussi, soulignons-le, par un bien être émotionnel, affectif et psychique. Une sensation de chaleur apporte bien être et sensation de sécurité et sera recherchée de nouveau pour cela quand un sentiment d’insécurité aura tendance à survenir. Ceci pourrait rendre compte, soit dit en passant, de certaines modalités d’amélioration par la chaleur de tel ou tel remède homéopathique.
Il n’y a donc, dès l’origine, aucun sens à distinguer une « extériorité », une indépendance foncière entre développement corporel et développement psychique. Les liens entre soma et psyché relèvent d’un tissage intime du corps et de la psyché. L’étonnant est, d’ailleurs, qu’une telle intimité ait pu être perdue de vue et recouverte par une conception dualiste.
Tissage vital et génétique.
Nous pouvons faire, ici, un petit détour par la génétique. Il n’y a pas à opposer la notion de tissage vital ou de couplage fonctionnel structurant que je développe avec une vision plus « mécaniste » qui serait génétique. Je veux dire que cette conception ne s’oppose pas à l’importance du « déterminisme » génétique à l’œuvre mais évite de se méprendre sur son compte. Bien sur, les données matérielles, au sens de génétiques, sont très importantes.
Mais il convient, ici, de ne pas naïvement opposer influence psychique et déterminants physiques, tout comme il est stupide d’opposer psyché et soma, car l’importance du relationnel, du psychique, est, elle même, inscrite et programmée dans le matériel et le physique.
Le besoin de l’autre, le besoin de l’échange, de la sensation de sécurité, d’être aimé, sont inscrits, déposés dans le programme biologique. Dans nos gènes et notre cerveau. Comme la capacité à percevoir sur le visage de l’autre, dans sa voix, la satisfaction et le contentement qu’on lui procure, en mangeant bien, en souriant, en gazouillant, etc.
Remarquons, d’ailleurs, parlant de génétique, que deux jumeaux homozygotes, alors qu’ils sont rigoureusement identiques du point de vue génétique ne cessent pas d’être deux individus singuliers à de très nombreux égards. Les clones animaux se sont, aussi, de ce point de vue, montré très différents aussi.
Les figures homéopathiques du tissage humain.
Le tissage vital de l’être humain, ce tissage psychophysique effectué, peu à peu, par les expériences de vie, est une réalité que chacun doit prendre en compte. La question à aborder, désormais, est celle de la contribution de l’homéopathie sur ce sujet.
Que dire, sinon que toute la démarche d’individualisation de l’homéopathie, sa prise en compte, simultanée de signes et symptômes « physiques » et « psychiques », eux mêmes, nous l’avons vu, à la fois physique et psychique, est une méthode d’investigation et de reconnaissance de ce que j’appellerai volontiers les figures homéopathiques du tissage psychophysique de l’être humain.
Le médecin homéopathie cherche, ainsi, devant chaque cas, à reconnaitre le tissu vital unique, singulier et caractéristique qui se présente devant lui.
Du point de vue de la connaissance scientifique, l’homéopathie témoigne, tout d’abord, de la réalité du dit tissage, notamment par la démonstration de l’impossibilité de séparer complètement sphère psychique et sphère physique. Ainsi, les signes et symptômes physiques se colorent de touches psy et vice versa, comme en témoignent, par exemple, une toux aggravée en compagnie, une douleur améliorée par l’occupation, comme une anxiété améliorée en marchant ou une angoisse améliorée en mangeant.

Mais l’homéopathie montre, également, le rôle de nouage, de tissage très marquant, que jouent l’intermédiaire de ce que nous appelons causalités. Qu’est-ce, en effet, qu’une causalité, une « suite de » homéopathique, sinon la marque, le lien, le nœud qu’un évènement fait dans la trame même de la vie d’un sujet ? Avec son empreinte se répandant sur la totalité des manifestations physiques, émotionnelles, comportementales et psychiques.

L’homéopathie témoigne, ainsi et à sa façon, que le développement biologique est exposé à des bifurcations possibles, des changements majeurs, souvent irréversibles. Ceci, peut être, en raison de l’existence de périodes critiques, durant lesquelles les apprentissages possibles sont optimaux et qui, si ceux-ci n’ont pas été mis en place à temps, ne pourront plus, ensuite, être développés de manière satisfaisante. Mais, plus généralement, des évènements vont avoir une influence majeure sur le tissage psychophysique des individus et les marquer de façon indélébile. Par exemple de l’influence d’une confrontation précoce avec la mort pour un sujet qui sera « diagnostiqué », à l’âge adulte, Arsenicum album, Lachesis ou Carbo végétabilis. C’est l’ensemble de l’économie du sujet qui prendra, dès lors, (sans doute en raison d’une vulnérabilité particulière préalable) une texture et une couleur particulière, marques d’un tissage singulier.
Mais il n’y a pas que les « causalités ». Sensations, localisations et modalités, ainsi que concomitants, montrent bien que tout est solidaire, en cohérence, en correspondance.
Bien sur, les influences déterminantes s’esquissent, au cas par cas. Ici, une note structurante, disons physique, semblera massivement déterminante, ce qui correspondra, par exemple, en homéopathie, à la présence de stigmates physiques pour telle ou telle configuration de l’individualité vitale : pilosité en des lieux inhabituels de Thuya, dystrophies et laxité ligamentaire des fluoriques, taches « café au lait » de Carcinosinum, ptose des tissus de Sepia, troubles circulatoires de Pulsatilla, etc. Ici, tendances psychiques marquées, pour d’autres : nostalgie, sensibilité de Phosphoricum acidum, chagrin ruminé de Natrum mur, etc.
Pour conclure, je dirai que l’homéopathie dispose d’un riche potentiel de connaissance concernant l’être humain et le vivant en général et qu’il est d’autant plus triste de la voir s’enfermer sur elle même et incapable de s’adresser à la communauté médicale et scientifique. Ce pourquoi, nous essayons de mettre, ici, à disposition de chacun des éléments que nous pensons utiles aussi bien à la compréhension de l’homéopathie qu’à la connaissance humaine et biologique en général.
On peut aussi citer le modèle du stade du miroir de Lacan dans lequel c’est la perception de l’image externe, extériorisée sur le miroir de soi qui permet au bébé de s’identifier comme unité.

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